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Après le discours du sénateur Tuheiava, Michel FOUQUET, l'accompagnateur, citant Paul RICOEUR a conclu sur Pouvanaa, "Je reporte sur ceux qui viendront après moi la tache de reprendre la relève de mon désir d'etre, de mon effort pour exister dans le temps des vivants" ...
Madame le Maire,
Mesdames et messieurs du conseil municipal,
Chers amis,
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Ia ora na, e mauruuru no te faariiraa mai ia matou ! Oui, « merci à vous de nous accueillir », dans votre belle commune aujourd’hui. « Marö te heiva » C’est, en reo tahiti, la devise de Huahine, île natale de Pouvanaa a Oopa. Et ici également, c’est d’obstination et de résilience qu’il s’agit. Pouvanaa a Oopa, figure emblématique de l’éveil d’un peuple d’Outre-mer qui au fonds, ne « voulait » pas autre chose que « pouvoir » être acteur de son propre destin. Pouvanaa a Oopa, Sénateur polynésien, de la République française, condamné à l’exil en 1958 pour avoir voulu voir appliquée en Polynésie la devise de la nation : liberté, égalité, fraternité. L’écrivain Marek Halter à dit : « L’esclavage crée le désir de libération ; l’exil lui, fait naître le rêve de la délivrance » C’est en juillet 1962, après avoir été d’abord emprisonné à la prison des Baumettes de Marseille, puis à celle de Fresnes, que Pouvanaa a Oopa est arrivé à Pierrefonds, assigné à résidence au centre protestant de la Roseraie. Déplacé à plusieurs reprises, dans d’autres centres, dans d’autres régions, il ne rentrera chez lui qu’en 1968. C’est cet homme, qui du bout du monde a été exilé à 20000 kms des siens que nous sommes venus tenter de « retrouver », ici, aujourd’hui. Il ne s’agit bien entendu pas de retrouvailles physiques. Pouvanaa a Oopa s’est éteint en 1977, dieu merci près des siens. C’est de retrouvailles symboliques qu’il est question ; et pas seulement avec un personnage, si important fût-il de l’histoire de la Polynésie. Car à travers Pouvanaa, et notre présence parmi vous, c’est aussi et surtout les retrouvailles autour des valeurs républicaines, qui nous réunissent. Pouvanaa a Oopa ne s’est jamais plaint de son séjour à Pierrefonds. Il en a même, comme en ont témoigné les rares polynésiens qui lui ont rendu visite à l’époque, apprécié le calme, et l’amabilité de ses habitants. Alors croyez bien, chers amis, que nous sommes ici aujourd’hui non pas pour regretter, ou critiquer. Nous sommes ici pour vous remercier d’avoir accueilli notre « Metua », Pouvanaa a Oopa. Nous sommes ici, pour partager avec vous le souvenir de cet homme si ordinaire et magnifique à la fois, qui est pour nombre de Polynésiens un exemple de convictions et de résilience. Nous sommes ici pour démarrer le long chemin vers la réhabilitation de Pouvanaa a Oopa, car, au fond, le réel exil commence lorsque le présent est confisqué. Quand on est condamné à rêver le temps d'avant et attendre l'avenir. Merci encore de votre accueil, d’hier envers Pouvanaa, d’aujourd’hui envers nous. Et si votre agenda vous l’autorise, madame le Maire, lorsque la démarche de réhabilitation aura abouti, nous souhaiterions pouvoir vous accueillir chez nous, non pas pour un exil, mais pour vous faire découvrir notre magnifique Polynésie pour laquelle vous comprendrez alors qu’on soit prêt à tous les sacrifices. |
Merci, Mauruuru.
Pierrefonds, le jeudi 3 octobre 2008
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Photo souvenir, avec Madame Bourbier, Maire de Pierrefonds et Michel Fouquet. |
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A l'intérieur de la Mairie de Pierrefonds. |
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A la fenêtre de la chambre du METUA, Pouvanaa a Oopa, à la Roseraie de Pierrefonds. |
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Dans la chambre, occupée pendant trois ans par Pouvanaa. |
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Derrière ces grilles, la résidence protestante de la Roseraie, où Pouvanaa a Oopa fut assigné à résidence de 1962 à 1964. |
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